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>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Pneumologue >> N° 6 - Décembre 2011

La Lettre du Pneumologue

Décembre 2011
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La recherche du plaisir sexuel et les apnées du sommeil
The pursuit of sexual happiness and sleep apnea

P. Escourrou*

 

Dans ce numéro de La Lettre, Valérie Attali et Isabelle Arnulf présentent les relations entre “Amour, sexe et apnées du sommeil”.


Cet article nous rappelle que le sommeil module la fonction érectile, chez l’homme et aussi chez la femme, principalement au cours du sommeil paradoxal. C’est en effet cette phase de sommeil, paradoxale en raison de ses caractéristiques proches de l’éveil, qui nous entraîne dans le monde des rêves, même si les liens entre érection et contenu des rêves ne sont pas clairement définis.


À l’éveil comme pendant le sommeil, le parasympathique proérectile le dispute au sympathique relaxateur. Les neurones centraux à sérotonine, qui augmentent le tonus sympathique voient leur activité disparaître en sommeil paradoxal, ce qui facilite l’érection. À l’éveil, bien sûr, de nombreuses autres structures cérébrales alimentent aussi le désir et renforcent l’érection.Dans ce numéro de La Lettre, Valérie Attali et Isabelle Arnulf présentent les relations entre “Amour, sexe et apnées du sommeil”. Cet article nous rappelle que le sommeil module la fonction érectile, chez l’homme et aussi chez la femme, principalement au cours du sommeil paradoxal. C’est en effet cette phase de sommeil, paradoxale en raison de ses caractéristiques proches de l’éveil, qui nous entraîne dans le monde des rêves, même si les liens entre érection et contenu des rêves ne sont pas clairement définis. À l’éveil comme pendant le sommeil, le parasympathique proérectile le dispute au sympathique relaxateur. Les neurones centraux à sérotonine, qui augmentent le tonus sympathique voient leur activité disparaître en sommeil paradoxal, ce qui facilite l’érection. À l’éveil, bien sûr, de nombreuses autres structures cérébrales alimentent aussi le désir et renforcent l’érection.


Les patients souffrant de syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) sont exposés à des conséquences cardiovasculaires qui peuvent être fatales (1). Mais d’autres effets plus insidieux sur la qualité de vie, la fatigue, la somnolence et les troubles cognitifs retentissent sur le plaisir et la joie de vivre. Parmi ceux-ci, l’effet sur la sexualité commence à être étudié.


Les problèmes sexuels sont plus souvent rapportés par les patients aux index d’apnées sévères. Le SAOS a été associé à une dysfonction érectile qui peut résulter d’une combinaison d’effets neurologiques, cardiovasculaires ou hormonaux. Mais il n’y a pas de relation directe entre la somnolence et les problèmes relationnels, la réduction de la libido et les difficultés d’orgasme (2). La dépression qui est souvent associée au SAOS peut aussi être responsable d’une perte d’intérêt pour les relations intimes (3). D’autres comorbidités comme le diabète, la dépression, les maladies urologiques et les médicaments, en particulier les antihypertenseurs, peuvent également interférer avec les apnées sur les troubles sexuels.

Néanmoins, après 3 mois de traitement par pression positive continue (PPC), les scores d’évaluation des relations intimes et les échelles de sexualité s’améliorent bien qu’ils ne soient que faiblement corrélés à la durée d’utilisation de la PPC. Même après traitement, les scores de sexualité ne reviennent pas à la normale, ce qui suggère que d’autres facteurs interviennent dans les troubles sexuels.


En pratique, les résultats obtenus, au moins pour les patients sévèrement atteints, incitent à encourager ces derniers à utiliser la PPC pour améliorer leur sexualité.


Enfin, le ronflement “simple” peut gâcher les relations intimes, comme toute nuisance sonore qui retentit sur la qualité du sommeil du conjoint et peut entraîner colère et ressentiment après des années de sommeil perturbé à l’insu du ronfleur. Son traitement permettrait-il d’éviter certaines séparations ? Ce point reste à déterminer.

* Centre de médecine du sommeil, hôpital Antoine-Béclère, Clamart

Références bibliographiques

1. Marin J.M., Carrizo SJ, Vicente E, Agusti AG. Long-term cardiovascular outcomes in men with obstructive sleep apnoea-hypopnoea with or without treatment with continuous positive airway pressure: an observational study. Lancet 2005;365:1046-53.

2. Reishtein JL, Maislin G, Weaver TE. Outcome of CPAP treatment on intimate
and sexual relationships in men with obstructive sleep apnea. J Clin Sleep Med
2010;6:221-6.


3. Akashiba T, Kawahara S, Akahoshi T et al. Relationship between quality of
life and mood or depression in patients with severe obstructive sleep apnea
syndrome. Chest 2002;122:861-5.



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